Histoire et Patrimoine

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XXe siècle

La Seconde Guerre Mondiale

La période 1939-1945 est marquée à Soyons par la présence de Marcel Astier, maire de la commune en 1940 et sénateur de la Gauche Démocratique. Avec le député socialiste Edouard Froment, il est l’un des deux représentants ardéchois à avoir voté contre les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Lors du vote, il prononça cette phrase restée célèbre : "Vive la République quand même !".

Le Docteur Marcel Astier a alors de nombreuses relations qui fréquentent sa maison du "Vivier". Soyons voit ainsi arriver des parlementaires, des journalistes, des militaires...
Il accueille également des personnes recherchées par le gouvernement de Vichy comme son gendre Jean Tainturier qui s’est évadé d’Allemagne en 1941 ; une famille juive de Montpellier, un Polonais échappé de Varsovie trouvent aussi refuge à Soyons pendant de longs mois.

D’avril à août 1943, Marcel Astier héberge également l’ancien ministre Marc Rucart qui participera à Lyon à la première réunion du CNR le 27 mai suivant, avant de rejoindre Londres en août.

Le 11 octobre 1943, Marcel Astier quitte Soyons pour Bletterans, près de Lons-le-Saunier, d’où il s’envolera pour l’Angleterre le 19 octobre avec Vincent Auriol comme compagnon de voyage. Il rejoindra ensuite Alger où il sera membre de l’Assemblée Consultative Provisoire.

De retour en France après le débarquement de Provence, le 15 août 1944, il représente le Parti Radical au CDL de l’Ardèche.

C’est également grâce à lui, de façon indirecte, que Saint-Péray échappera aux terribles bombardements des Alliés les 14 et 15 août 1944. "En effet selon les plans établis par l’état-major allié, Saint-Péray, nœud de communications jugé important, doit être écrasé sous les bombes". Le destin en décide autrement, par un enchainement de faits qui remontent à 1942 : cette année-là, la famille Astier héberge le capitaine B..., avant son départ pour l’Afrique du Nord où il devient officier de liaison auprès de l’E.M chargé des plans de bombardements. Quand il découvre que Saint-Péray figure parmi les lieux concernés, il le fait supprimer de la liste en signalant qu’il s’agit d’un petit village qui n’a aucune importance stratégique. En fait, il a confondu Soyons, où il a séjourné chez le Dr Astier et Saint-Péray !

Le 6 mars 1945, sa maison est perquisitionnée par les Allemands qui pensent y trouver des éléments prouvant la participation de la famille à la Résistance et au soutien des maquis. Cette perquisition ne donne pas de résultat et aucune arrestation n’a lieu.

Pendant l’été 1944, la RN 86 est toujours le lieu "d’embuscades et de combats mais aussi d’actions étendues de terreur des troupes ennemies en retraite". "Les Allemands pillent, détruisent et tuent des civils innocents : Saint-Marcel d’Ardèche, Bourg-Saint-Andéol, Cruas, Baix, Soyons, Saint-Péray, etc...ont leurs martyrs."
"A Soyons, sont tués, le 26 août, Mélanie Palocq-Broc tandis qu’elle ouvre sa fenêtre ; puis le 28/8, Jean-Pierre Ladreyt et Marie-Antoinette Perret-Mallet."

"L’E.M de l’ennemi qui se retire, installé à Chateaubourg, part brusquement dans la nuit du 30 au 31 août vers 03 h 00... Les pièges laissés par l’ennemi font encore des morts et des blessés graves. A Soyons, devant l’église, la 16ème Cie, déblayant la route de platanes abattus par les Allemands subit l’explosion de mines ; tué : Roger Némone, blessés : 9 dont 5 graves."

Les noms de Mélanie Broc, Jean Ladreyt, Antoinette Perret et Roger Némone figurent sur le monument aux morts de Soyons avec ceux de Eugène Piala, canonnier mort au cours d’un bombardement à Rennes le 17 juin 1940, de Dante Raccis, Jean Raccis et Adrien Javelas.

A la libération, Marcel Astier conduit une liste radicale mais celle-ci n’a aucun élu. Toutefois, en septembre 1945, il devient Conseiller Général et préside la première assemblée départementale de la IVème République.

Il décède en 1947.

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Biographie Marcel Astier 1
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Biographie Marcel Astier 2


Bibliographie : Montagnes Ardéchoises dans la Guerre, Louis-Frédéric DUCROS
Tome I - 1974, Tome II - 1981, Tome III - 1982
Toutes les citations de cet article proviennent de ces 3 volumes.