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Histoire et patrimoine

Cette rubrique n’a pas pour but de faire une présentation exhaustive de l’histoire de Soyons. Elle se limite modestement à proposer des liens et une courte bibliographie permettant de découvrir la vie et l’évolution de la commune depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours.

Préhistoire et antiquité

  • Sur le massif de Guercy à Soyons, dès 1870, un ensemble exceptionnel de cavités a été découvert et a livré des traces d’occupation du Paléolithique moyen. Ces grottes ont été utilisées comme habitats / haltes de chasse par les hommes de Néandertal ; elles ont été occupées par l’homme en alternance avec l’ours, le lion ou l’hyène des cavernes. 
  • En l’état actuel des connaissances, 7 cavités sont connues sur la façade est du massif dont deux sont ouvertes au public : la grotte de Néron et le Trou du renard.
  • Depuis l’occupation des cavités par l’homme de Néandertal vers – 100 000 ans, le peuplement du site ne connaîtra dès lors plus de répit. L'Homo Sapiens établira notamment deux aires de dépeçage de mammouths dans l'actuel quartier des Lèches ; les populations néolithiques s’installèrent ensuite aux pieds des massifs puis, durant la protohistoire, un oppidum fut érigé. Le peuple des Ségovellauniens y vénérera la déesse Soïo avant qu'un habitat groupé ne s'y pérennise enfin à l'époque romaine sous la forme d'une agglomération, en lieu et place du village actuel.
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Moyen Âge

  • Durant le Moyen Âge, les populations réinvestissent le massif du Malpas pour y construire un fort et le village était en contrebas du massif ; l’ensemble était ceinturé de remparts flanqués de plusieurs tours d'angle, fortifications datées du XIIIe siècle. Un replat naturel, le chemin dit des «Sangles», situé à flanc de falaise permettait la liaison entre les deux lieux.
  • Actuellement ne subsistent que quelques vestiges des remparts médiévaux et la « Tour Penchée » située sur le point le plus élevé du plateau. 

L’abbaye Notre-Dame de Soyons

  • Elle fut construite au VIIIe siècle pour accueillir les Bénédictines de Notre-Dame du Rhône (Viviers) qui avaient fui les Sarrasins après la destruction de leur couvent en 737.
  • Elles emportèrent avec elles les reliques de St Venance, qui furent révérées à Soyons jusqu’en 1562, date à laquelle elles furent brûlées par les Huguenots.
  • Ne se contentant pas d’un rôle contemplatif, les religieuses jouèrent un rôle important dans l’éducation des jeunes filles de Soyons et ses environs.
  • L’abbaye fut détruite en 1622 par les Huguenots de Privas et les Bénédictines quittèrent Soyons pour Valence.
  • La communauté se dispersa en 1791 car elle ne comptait plus que 10 religieuses.
  • L’abbaye de Soyons ne fut jamais reconstruite.

Source : La Vie au pays de Crussol Dr Francus (Charles-Albin Mazon)
Imprimerie Lienhart et Cie (1977)

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L’église

  • Construite au XIIe siècle, elle subit d’importantes modifications au cours du XIXe siècle.
  • On y a découvert, à l’occasion de travaux de restauration, de nombreux fragments sculptés d’époque carolingienne. "Au nombre de dix-huit, ces fragments qui proviennent d’un chancel avec baldaquin forment l’un des ensembles les plus importants du sud de la France qui, selon Micheline Buis, offre un double intérêt, d’abord celui de comporter « un échantillonnage presque complet des motifs de la sculpture à entrelacs carolingienne », ensuite celui de présenter un rare fragment d’arc de baldaquin, « à ce jour le seul connu dans le sud de la France»".
Découvrir l'Église

La Tour Penchée

  • La Tour Penchée est l’unique vestige des fortifications médiévales du plateau de Malpas. Elle présente une inclinaison due à la destruction du village et du fort par les troupes royales en 1629, inclinaison accentuée par les mouvements d’affaissement et de glissement des calcaires.
  • Lors du 12 avril 1629, le pillage de l’abbaye bénédictine et la destruction du village fortifié en contre-bas montrent également l’importance et la violence des affrontements entre Catholiques et Protestants.

La légende de la Tour Penchée

  • En 1095, après le départ pour la croisade de son père et de son cousin Arthur de Bermond, la jeune Iseult du Béage, atteinte d’une simple éruption cutanée, fut déclarée lépreuse et enfermée dans la tour de Soyons par son oncle qui convoitait les biens de son frère. Le retour de son cousin la délivra de sa captivité et les noces des deux jeunes gens furent célébrées en grande pompe à Valence...
  • Cependant on note des incohérences dans les dates : celle de la construction de la tour est postérieure à l’histoire d’Iseult donc le mystère est entier …
tour penchée

Guerres de religion

  • Le pillage de l’abbaye bénédictine et la destruction du village fortifié situé sur le plateau de Malpas (voir rubrique "Moyen Age") le 12 avril 1629 montrent l’importance et la violence des affrontements entre Catholiques et Protestants aux 16ème et 17ème siècles à Soyons.
  • La Tour Penchée qui domine le village reste le témoin de cette période troublée qui eut des conséquences durables sur la vie quotidienne et l’économie locales.
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XXe siècle

La 1ère Guerre Mondiale

"D'un monument aux morts à l'autre" dossier réalisé par les élèves de CM2 de l'école de Soyons image/jpeg - 83,19 KB
  • Ce dossier retrace les derniers jours de la vie de soldats soyonnais et grangeois pendant la 1ère guerre mondiale. Les élèves ont travaillé pendant six mois sur des documents d’époque et à partir des inscriptions figurant sur les monuments aux morts.Retour ligne automatique
  • Ils ont été guidés dans leur travail par leurs professeurs, Mme Stéphanie SANCHEZ, directrice de l’école primaire de Soyons et Mme Stéphanie BUIS, enseignante au collège Charles de Gaulle. Retour ligne automatique
  • Les deux classes ont obtenu le label national du centenaire 14-18.
"La rose de Gaston" vidéo réalisée par les élèves de CM2 video/mp4 - 29,20 MB
  • Ce court-métrage a été réalisé par les élèves de CM2 de l'école de Soyons sur les derniers jours de la vie de Gaston CHAREYRE, Soyonnais mort au combat pendant la guerre de 1914-1918.
  • Ils ont été accompagnés par L’équipée, association pour le développement du cinéma d’animation à Bourg-lès-Valence; L’Amicale Laïque de Crussol, la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes (Direction Régionale des Affaires Culturelles), le Ministère de la Défense,  l’ONAC (Office National des Anciens Combattants) et la commune de Soyons ont financé le projet.

 

La Seconde Guerre Mondiale

  • La période 1939-1945 est marquée à Soyons par la présence de Marcel Astier, maire de la commune en 1940 et sénateur de la Gauche Démocratique. Avec le député socialiste Edouard Froment, il est l’un des deux représentants ardéchois à avoir voté contre les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Lors du vote, il prononça cette phrase restée célèbre : "Vive la République quand même !".
  • Le Docteur Marcel Astier a alors de nombreuses relations qui fréquentent sa maison du "Vivier". Soyons voit ainsi arriver des parlementaires, des journalistes, des militaires...
  • Il accueille également des personnes recherchées par le gouvernement de Vichy comme son gendre Jean Tainturier qui s’est évadé d’Allemagne en 1941 ; une famille juive de Montpellier, un Polonais échappé de Varsovie trouvent aussi refuge à Soyons pendant de longs mois.
  • D’avril à août 1943, Marcel Astier héberge également l’ancien ministre Marc Rucart qui participera à Lyon à la première réunion du CNR le 27 mai suivant, avant de rejoindre Londres en août.
  • Le 11 octobre 1943, Marcel Astier quitte Soyons pour Bletterans, près de Lons-le-Saunier, d’où il s’envolera pour l’Angleterre le 19 octobre avec Vincent Auriol comme compagnon de voyage. Il rejoindra ensuite Alger où il sera membre de l’Assemblée Consultative Provisoire.
  • De retour en France après le débarquement de Provence, le 15 août 1944, il représente le Parti Radical au CDL de l’Ardèche.
  • C’est également grâce à lui, de façon indirecte, que Saint-Péray échappera aux terribles bombardements des Alliés les 14 et 15 août 1944. "En effet selon les plans établis par l’état-major allié, Saint-Péray, nœud de communications jugé important, doit être écrasé sous les bombes". Le destin en décide autrement, par un enchainement de faits qui remontent à 1942 : cette année-là, la famille Astier héberge le capitaine B..., avant son départ pour l’Afrique du Nord où il devient officier de liaison auprès de l’E.M chargé des plans de bombardements. Quand il découvre que Saint-Péray figure parmi les lieux concernés, il le fait supprimer de la liste en signalant qu’il s’agit d’un petit village qui n’a aucune importance stratégique. En fait, il a confondu Soyons, où il a séjourné chez le Dr Astier et Saint-Péray !
  • Le 6 mars 1945, sa maison est perquisitionnée par les Allemands qui pensent y trouver des éléments prouvant la participation de la famille à la Résistance et au soutien des maquis. Cette perquisition ne donne pas de résultat et aucune arrestation n’a lieu.
  • Pendant l’été 1944, la RN 86 est toujours le lieu "d’embuscades et de combats mais aussi d’actions étendues de terreur des troupes ennemies en retraite". "Les Allemands pillent, détruisent et tuent des civils innocents : Saint-Marcel d’Ardèche, Bourg-Saint-Andéol, Cruas, Baix, Soyons, Saint-Péray, etc...ont leurs martyrs."
  • "A Soyons, sont tués, le 26 août, Mélanie Palocq-Broc tandis qu’elle ouvre sa fenêtre ; puis le 28/8, Jean-Pierre Ladreyt et Marie-Antoinette Perret-Mallet."
  • "L’E.M de l’ennemi qui se retire, installé à Chateaubourg, part brusquement dans la nuit du 30 au 31 août vers 03 h 00... Les pièges laissés par l’ennemi font encore des morts et des blessés graves. A Soyons, devant l’église, la 16ème Cie, déblayant la route de platanes abattus par les Allemands subit l’explosion de mines ; tué : Roger Némone, blessés : 9 dont 5 graves."
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  • Les noms de Mélanie Broc, Jean Ladreyt, Antoinette Perret et Roger Némone figurent sur le monument aux morts de Soyons avec ceux de Eugène Piala, canonnier mort au cours d’un bombardement à Rennes le 17 juin 1940, de Dante Raccis, Jean Raccis et Adrien Javelas.
  • A la libération, Marcel Astier conduit une liste radicale mais celle-ci n’a aucun élu. Toutefois, en septembre 1945, il devient Conseiller Général et préside la première assemblée départementale de la IVème République.
  • Il décède en 1947.

Bibliographie

Toutes les citations de cet article proviennent des 3 volumes ci-dessous.

  • Montagnes Ardéchoises dans la Guerre, Louis-Frédéric DUCROS Tome I - 1974, Tome II - 1981, Tome III - 1982
Biographie de Pierre BONNAUD
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